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L’ASSOCIATION DES EMPLOYÉS ET EMPLOYÉES DU GOUVERNEMENT DU QUÉBEC (AEGQ) EST AGÉE DE 95 ANS


Quand on célèbre le 95e anniversaire d’une association qui est devenue au fil des ans une institution, il devient nécessaire de faire une rétrospective des principaux événements qui ont marqué son existence.

Alors, reportons nous en 1925, plus précisément le 11 mai.

Une réunion est en cours, ici même à Québec. Il y a des fonctionnaires de Québec, Montréal, Sherbrooke, et Trois-Rivières. Ils sont à finaliser les derniers détails de la formation de l’Association sportive des employés civils. Le but visé est de susciter un sentiment d’appartenance envers leur employeur et développer une saine compétition entre les divers départements.

En 1925, trois sujets de discussion animaient les gens. C’étaient : la politique, le sport et la religion.

En politique, le Premier ministre était l’Honorable Alexandre Taschereau du parti Libéral.
Au sport, l’athlète le plus connu et adulé, était un joueur de baseball du nom de Babe Ruth, qui avait une réputation disons houleuse.
Et quant à la religion, on en parlait avec frayeur, car elle réglementait la vie familiale, sociale et politique également.


Toujours en 1925, le gouvernement avait comme structure administrative un nombre impressionnant de 14 départements (MINISTÈRES et ORGANISMES) et comptait environ 700 employés. Le budget consacré à la fonction publique était de 1.1 millions$.

Le salaire annuel moyen était d’environ 800$ et les employés étaient payés une fois l’an lors de l’approbation du budget par le Parlement.

L’Association avait, au départ 200 membres.

En 1932, les dirigeants de l’Association ont entrepris des consultations afin d’élargir leur mandat pour y inclure l’entraide mutuelle pour ses membres, soient les employés civils.

C’est au mois de juin 1938, le 18 plus précisément, que l’Association sportive des employés civils fut incorporée sous le nom de l’Association des employés civils.

Sa mission fut enrichie pour y inclure la promotion des intérêts professionnels de ses membres, l’encouragement aux activités sociales, culturelles, artistiques, récréatives et surtout l’établissement des mécanismes d’entraide mutuelle à l’intention de ses membres et de leurs dépendants.

Les principales préoccupations des membres de l’Association étaient l’endettement relié aux frais des naissances et aux frais funéraires.

Une des premières tâches du nouveau conseil d’administration de l’Association fut de présenter ses lettres de créances au premier ministre l’Honorable Maurice Duplessis, de l’Union nationale, élu en 1936, et lui demander avec moult formules de politesse, de bien vouloir considérer l’Association comme l’interlocuteur en relations de travail.

L’Association fut l’ancêtre des syndicats de la fonction publique.

En 1938, le gouvernement avait une structure administrative de 18 départements, de 6 commissions, dont la plus populaire était la Commission des liqueurs, et comptait plus de 2 100 employés. Le budget consacré aux traitements et dépenses des employés était de l’ordre de 3.1 millions$.

L’Association comptait plus de 1 000 membres.

Débuta aussi la construction du premier Chalet des employés civils, situé en face du Parlement.

À partir des années 40, l’Association a connu les années les plus glorieuses de son histoire. Et cela s’est poursuivi pendant près de 45 ans.

En 1940, l’Honorable Adélard Godbout, du parti Libéral, fut élu premier ministre et gouverna jusqu’en 1944. Puis revint l’Honorable Maurice Duplessis qui fut premier ministre jusqu’en 1959, année de son décès.

À la fin des années 40, la structure administrative du gouvernement était de 20 ministères et de 16 organismes. Selon le livre des comptes publics, plus
de 20 millions$ étaient consacrés aux dépenses de la fonction publique et il y avait environ 6 000 employés.

L’Association progressa aussi pour compter 2 825membres en 1949.

Les principaux faits d’armes de l’Association durant les années 40, furent :
– la fondation d’un journal destiné à la fonction publique. Il s’appelait Contact.
– L’amélioration des conditions de travail par l’abolition du travail le samedi matin durant la période estivale.
– la hausse des salaires pour atteindre une moyenne de 1 500.00$ par année.
– La mise sur pied d’un plan de retraite,
– Le chauffage adéquat dans les édifices gouvernementaux d’octobre à avril de chaque année.
– La rénovation du chalet des employés civils et leurs courts de tennis, au coût de 3 500.00$.
– La tenue de nombreux bals sous la présidence d’honneur des premiers ministres et des lieutenants gouverneurs de l’époque.

Mais ce que retient l’histoire, ce sont les deux plus beaux joyaux de l’Association. La fondation par les membres de l’Association de la Caisse Desjardins des fonctionnaires et de la Capitale, Mutuelle des employés de l’administration publique.

Ces deux institutions sont devenues des acteurs très importants dans la vie des employés du gouvernement. Elles sont des outils extraordinaires de développement financier et on ne saurait se passer d’elles. Ce sont des réussites à tous les points de vue.

Alors, s’amène les années 50. Durant cette décennie que d’aucuns ont surnommée la grande noirceur, il s’est passé bien des événements digne de mention.

Ce fut une décennie de grande stabilité politique.

Mais la fonction publique a progressée, grâce à l’Association.

Pour ne citer que quelques points, il y eut :
– l’amélioration du fond de retraite,
– une classification de certains emplois et une rémunération en conséquence,
– une semaine de travail écourtée,
– des cours de formation adaptée au travail de bureau et une valorisation du travail effectué.

Coté social, les journaux de l’époque ont largement fait état des nombreuses activités qui se sont déroulées au chalet de l’Association.
Cette décennie a marqué le début du développement de la fonction publique grâce en grande partie aux dirigeants de l’Association des employés civils.

À la fin des années 50, la structure administrative du gouvernement était de 22 ministères et de 42 organismes. Le budget affecté à la fonction publique s’est établi à 105 millions$.

L’Association progressa aussi et comptait 5 800 membres en 1959.

C’est à compter des années 60 que la fonction publique est partie pour la gloire.

L’Honorable Jean Lesage, avec son équipe du tonnerre, est celui qui a initié cette révolution tranquille. Nous tous qui sont issus de cette période, nous lui devons cette richesse sociale dont nous bénéficions aujourd’hui.


En 1963, après de nombreuses discussions au sein de l’Association, les dirigeants du temps en sont venus à la conclusion que l’Association devait céder la place à une organisation plus structurée et mieux préparée à revendiquer des conditions de travail adaptées à une fonction publique moderne et axée sur les technologies de l’avenir.

C’est à ce moment que le syndicat des employés de la fonction publique fut formé.

L’Association s’est tournée vers d’autres champs d’activités à caractères sportifs et sociaux.

Le tennis international, le curling national, et les sports de participation à l’échelle provinciale et locale en ont bénéficié.

Les administrateurs du Chalet des employés civils ont passablement développé l’aspect social du Chalet. La gastronomie régionale y était à l’honneur et les rencontres sociales de fins de semaine étaient bien structurées et très populaires.

En 1966, l’Honorable Daniel Johnson père, du parti de l’Union nationale fut élu premier ministre.

Les années 70, virent arriver un jeune premier ministre du nom de Robert Bourassa et son règne dura 6 ans. Lui succéda à la fin de 1976, un élève de Monsieur Jean Lesage, Monsieur René Lévesque.

Durant cette décennie, le Québec et la fonction publique s’éclatèrent, de même que l’Association. Certains historiens ont qualifié les 30 années qui suivirent, de 1970 à l’année 2000, d’années les plus productives.

L’Association a subi des transformations extrêmes.

En 1970, le Chalet des employés civils, situé face au Parlement, fut démoli.

L’Association emménagea au Québec Winter Club, situé sur l’avenue Laurier qui fut nommé Club des employés civils.

La bâtisse fut acquise en partenariat avec le ministère des Travaux publics.

À la fin de cette décennie, l’Association comptait plus de 10 000 membres en règles. Ce fut sans contredit les années d’or de l’Association.

Dans les années 80, le Club des employés civils à subit des transformations majeures. Les équipements pour la pratique des sports d’intérieurs furent installés.

Quant aux 40 dernières années, c’est-à-dire à partir de 1980, les souvenirs sont encore trop présents à la mémoire, pour les qualifiés d’historiques.

Soulignons cependant, que durant de nombreuses années, l’Association a patronné des athlètes qui sont devenus des références dans leur domaine respectif. Gaby Pleau et Guy Lemieux en ski alpin, Réjean Genois et Richard Legendre en tennis, Sylvie Fréchette en nage synchronisée et bien d’autres sportifs locaux, dont Jacques Pelletier en curling.

À la fin des années 80, l’Association a été dans l’obligation de se départir de son Club. Il a été cédé à la Société immobilière du Québec. L’Association en est devenue le locataire.

En 1993, ce fut la fin du Club des employés civils.

Il s’en suivit une période de flottements qui a duré plus de 6 ans mais certaines activités sociales ont été maintenues grâce à l’acharnement de gens qui croyaient en la mission de l’Association.

En 1999, l’Association a réorienté son rôle en développant son périodique Le Journal.

Nous croyons qu’il est de notre devoir de perpétuer l’histoire qui a façonné notre environnement de travail. C’est un bien précieux.

Il serait intéressant qu’un livre relatant l’histoire de la fonction publique québécoise soit édité.

Les employés de l’État qui habitent la grande région de la Capitale ont contribué largement au développement de leur ville et pour souligner cet apport, il serait aussi intéressant qu’une plaque commémorative soit apposée sur l’édifice Marie-Guyart.

Les quelques notes biographiques et historiques dont j’ai fait mention, furent à titre d’information. Ce que l’Association a réalisé pour améliorer les conditions de vie professionnelle et sociale des employés de l’État et la contribution à leur richesse collective, fait en sorte que nous lui en sommes redevables en reconnaissance.
Nous lui souhaitons un joyeux 95e et nous formulons le vœu qu’elle demeure parmi nous encore de nombreuses décennies. 

Gérald Germain, président